L’addiction aux opiacés, comme la morphine ou l’héroïne, est une maladie grave et chronique, qui se manifeste par des comportements compulsifs de recherche et de consommation de produit. En France, il s’agit d’un problème de santé publique majeur, et nous assistons depuis quelques années à une augmentation du nombre de décès par overdose. Cette crise sanitaire interroge sur les modes de consommation des opiacés, très largement prescrits comme antidouleurs, et sur les causes biologiques de cette maladie.
Le projet « Epigénétique et addiction aux opiacés » s’appuie sur une première en France, la création en 2016 de 2 salles de consommation à moindre risque, dont l’une à Strasbourg. Cette structure portée par l’association Ithaque à Strasbourg, accueille les usagers, leur procure du matériel d’injection stérile et assure une prise en charge sociale, médicale et psychiatrique.
Le but de ce projet est d’étudier le rôle de l’épigénétique dans cette pathologie. Les mécanismes épigénétiques sont des processus qui modulent l’expression des gènes de façon réversible. Ils permettent de mieux comprendre comment les expériences de vie, comme un traumatisme ou la consommation de médicaments tels que les opiacés, peuvent avoir un impact sur l’expression des gènes, le fonctionnement des cellules et du cerveau. Le projet combine la psychiatrie et la biologie moléculaire :
- La psychiatrie, pour caractériser, chez les patients qui fréquentent la salle de consommation à moindre risque, la sévérité de la dépendance aux opiacés et les autres pathologies psychiatriques fréquemment associées ;
- L’épigénétique à haut-débit, afin de détecter des modifications épigénétiques associées à la maladie, notamment dans de très petits échantillons de sang.
Ce projet pluridisciplinaire réunit 2 chercheurs strasbourgeois : Laurence Lalanne-Tongio, médecin addictologue et psychiatre (INSERM U1114, hôpitaux universitaires de Strasbourg), et Pierre-Eric Lutz, chercheur en épigénétique (Institut des Neurosciences Cellulaires et Intégratives). Il devrait permettre à terme de comprendre pourquoi un sujet est dépendant à un opiacé plutôt qu’à un autre, de prédire l’évolution de la maladie, ou encore de guider le choix du traitement de substitution (buprénorphine, méthadone) le plus adapté.
Coordonnées
INCI – 5 RUE BLAISE PASCAL
67000 Strasbourg
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